Pourquoi le vin?

 

Pourquoi le vin est devenu la boisson la plus consommée dans le monde ? Par quelle magie a-t-il réussi à s’étendre sur pratiquement toute la planète ?  Savez-vous qu’aujourd’hui, on boit mondialement chaque année 35.4 milliards de bouteilles ? Même le thé, le café et la bière n’ont pas atteint ces proportions…

Pour répondre à ces questions, il faut d’abord comprendre son histoire. Le vin est probablement né il y a 12 000 ans en Anatolie, on a retrouvé des vieux pressoirs où subsistaient quelques traces de raisins naturelles. L’homme avait donc découvert la magie enivrante de la fermentation. Il est d’ailleurs probable que la cause première de la naissance du vin soit liée à l’effet « d’ivreté » que ce dernier délivre si on en abuse. Dans les religions que ce soient celle des Grecs, des Romains ou des chrétiens, l’homme doit être ivre pour parler aux Dieux. En l’occurrence, la première plante que sème Noé lorsqu’il arrive sur un sol fertile est la vigne.

Les civilisations évoluant, le vin va ensuite devenir la boisson des élites sociales et s’étendre progressivement depuis la Mésopotamie, puis l’Egypte, la Grèce, la Rome Antique et enfin notre pays : la Gaulle. On sait par exemple, que Rome consommait plus de 200 000 000 de litres de vins par an. A l’époque, la bouteille en verre n’existait pas (1642), ils utilisaient les jarres et les outres pour le transporter. Parallèlement, les religions intègrent le vin dans les rites, elles lui attribuent des dieux (Dionysos, Bacchus, …) et pour certaines, ce breuvage devient une symbolique essentielle. Nous retrouvons le mot « vin » plus de 228 fois dans la bible. (Ne croyez pas que je les aie comptés, c’était une des questions dans le trivial poursuite du vin…)

Mais le vin va révéler d’autres qualité permettant son extension. Tout d’abord, c’est une époque où l’eau véhicule de nombreuses maladies, on coupera donc l’eau avec du vin afin d’aseptiser et d’éliminer les goûts croupis que laissaient ces eaux trop longtemps gardées dans les cuves d’où l’expression « mettre de l’eau dans son vin ». Cette boisson va alors prendre une dimension médicale. De nombreux médecins, encore aujourd’hui, démontreront les vertus du vin sur le corps lorsqu’il est bu modérément. Ainsi, Richelieu soignera ses maux de ventre avec du Bordeaux « la Tisane de Richelieu » ; on vantera les vertus du Champagne à relâcher le système nerveux afin d’éviter les dépressions ; et récemment, nous apprendrons que le pinot noir c’est-à-dire le Bourgogne possède une molécule nommée Resvératrol limitant les risques d’attaque cardiaque.

Ensuite, le vin deviendra une forme de reconnaissance du pouvoir. A travers l’histoire du moyen âge, il deviendra le vecteur culturel imposant la reconnaissance des Empires, des Royaumes. Les grands puissants utiliseront le vin comme vecteur de leur domination favorisant le syncrétisme culturel des peuples envahis. Aussi, il deviendra un formidable vecteur économique notamment dans notre pays où il représente une part particulièrement importante de notre balance commerciale.

Enfin, sa capacité a accompagné les plats vont permettre au vin de se développer dans l’approche culinaire de presque tous les pays. Il se révèle être le seul véritable breuvage capable d’harmoniser de manière inter-agissante les mets de nos plats. En effet, lorsque celui-ci est bien adapté, il devient générateur d’arômes complexifiant notre cuisine. C’est pourquoi il est souvent dit que le vin est synonyme de civilisation. Le sommelier est un acteur indispensable à la gastronomie ; s’en priver atrophie véritablement la variété aromatique de nos cuisines.

Le XXème, et XXIème siècle sera également l’époque de la démocratisation du vin. Toutes les couches de la population découvriront cette boisson aux vertus si diverses. Le plaisir de la dégustation s’émancipe ; les évènements comme le beaujolais nouveaux, les fêtes vigneronnes s’organisent ; la confirmation des intuitions empiriques par le biais de nos sciences se confirment.

 

Voilà pourquoi le vin est de nos jours si prégnant dans le monde. Notre chance est de faire partie d’un des pays les plus influents sur ce sujet, ne l’oublions pas. Alors profitez en pour vous réunir autour de breuvage, favoriser la modération à l’abus et laissez-vous porter par les plaisirs olfactifs et gustatifs de votre gastronomie au sens large du terme.

Arnaud laguette